Le Collectif

Le logo: choix de la cuillère Dan*

L’art nègre, forme d’expression artistique des peuples négro-africains, est une composante majeure des arts traditionnels d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Océanie, appelés Arts primitifs ou, aussi, Arts premiers. Certaines formes de cet art font partie du Patrimoine culturel immatériel à préserver, surtout dans ces pays de tradition orale où cet héritage se perd progressivement mais irréversiblement face à la modernité à l’occidental.

L’art nègre revêt la particularité d’être à la fois cultuel et culturel : l’esthétique et le sacré se confondent pour élever  l’objet au-dessus de sa simple représentation ou de son utilité sociale.

Il en va ainsi des Grandes Cuillères des zones tropicales humides de l’Afrique de l’Ouest. Ces magnifiques cuillères aux formes harmonieuses et raffinées, aux tailles impressionnantes qui peuvent atteindre 35 cm, sont des objets rares et hors du commun. Les cuillères Dan sont, avec les masques,  les représentations les plus achevées des objets précieux Dan.

Les Dans sont un peuple de forêt vivant  à cheval sur les actuelles Républiques du Libéria, de Côte d’Ivoire et de Guinée. Leurs sculptures, dont les plus connues sont les masques, les petites chaises et les cuillères, sont utilisées, à la fois comme objets liturgiques, dans des cérémonies sacrées, comme représentation de forces protectrices, et comme objets usuels.

La cuillère Dan, quant à elle, sert à la fois, par sa taille, d’ustensile de cuisine pour retourner et partager le riz dans le clan ou les familles nombreuses et comme symbole d’abondance et de partage. Elle est toujours sculptée pour une femme digne, admirée et respectée par le clan. Le privilège suprême accordé à la femme propriétaire d’une cuillère Dan est qu’elle a le droit de danser, sa cuillère à la main, lors des cérémonies officielles de réjouissance.

La présidente du Collectif ayant reçu cette cuillère en hommage, il a été considéré doublement approprié de la prendre comme symbole du Collectif des femmes pour la promotion du Patrimoine immatériel en Francophonie.

*Nous tenons à remercier ici, Monsieur René Coffi et sa famille pour la cuillère, mais aussi pour leur contribution à  la préparation de ce texte.